Les qualités requises pour un pilote de kart

le 12/01/2022 à 13h56

Responsable du programme pilote chez Mercedes AMG Petronas F1 Team, Gwen Lagrue garde constamment un œil sur le Karting et sur les grands Championnats internationaux. Connu pour avoir accompagné Esteban Ocon jusqu’à la Formule 1, le Français a suivi de près trois jeunes kartmen en 2021 : Andrea Kimi Antonelli, Alex Powell et Yuanpu Cui. Dans un récent entretien donné à la FIA Karting, il parle des critères qu’il aime retenir pour s’intéresser à un pilote…

Il n’est jamais facile d’être sûr qu’un jeune et brillant kartman devienne un champion en monoplace. “Il faut surveiller la manière dont ils vont évoluer en tant qu’adolescents, puis jeunes hommes,” déclare Gwen Lagrue. “Leur niveau de performance reste évidemment un facteur important, mais je suis très sensible à leurs capacités à gérer l’intégralité d’un meeting et plus globalement d’une saison complète.”

“C’est bien de gagner des courses, néanmoins j’apprécie de voir un pilote constant, qui se montre régulièrement aux avant-postes et sur les podiums. Dès le Karting, leur approche de la course et leur attitude sur un circuit sont des paramètres que je surveille et qui ne trompent pas.”

“Souvent, un kartman ressent souvent une certaine frustration lorsqu’il débute en monoplace, car il quitte le karting qu’il a connu à haut niveau et un milieu qu’il maîtrisait parfaitement, pour repartir quasiment de zéro. Lors de cette transition, il découvre un nouvel environnement et des méthodes de travail différentes. Il doit accepter et gérer cette situation, surmonter les moments difficiles, tout en montrant qu’il a la faculté d’apprendre vite et bien. Ses capacités à se remettre en question comme sa force de caractère deviennent des atouts pour affronter ce nouveau challenge.”

Enfin, Gwen Lagrue pense qu’un pilote peut encore se démarquer sans posséder un budget élevé, même s’il reconnaît qu’il doit pouvoir franchir la barrière financière initiale. “J’ose espérer qu’un jeune pilote qui montre des capacités exceptionnelles ne reste pas sur la touche. Esteban Ocon a prouvé que rien n’est impossible. L’important est de pouvoir disputer dans de bonnes conditions les premières saisons en Mini. Cela sous-entend de beaucoup rouler dès son plus jeune âge. Il existe également des initiatives fédérales intéressantes.”

“Bien sûr, à mon niveau, j’ai besoin de pouvoir identifier un grand talent, donc de le voir déjà évoluer à un certain niveau ou d’en avoir entendu parler,” a conclu le chasseur de têtes de Mercedes-AMG, qui rêve aujourd’hui de détecter une féminine au potentiel élevé pour l’emmener en F1.